L’essentiel
- Une concession réunit un showroom vitré, un atelier chauffé et, de plus en plus, des bornes de recharge : trois usages aux profils opposés, souvent derrière un seul compteur.
- Les sites de plus de 290 kW de puissance thermique sont concernés par le décret BACS depuis le 1er janvier 2025, ceux de plus de 70 kW à compter du 1er janvier 2030 après report.
- Sur 38 concessions équipées, la consommation est passée de 215 à 156 kWh/m²/an, soit –27 %, mesurés selon l’IPMVP.
Vos enjeux
Typologie de sites. Une concession réunit sur une même parcelle des espaces qui n’ont rien en commun : un showroom vitré de grande hauteur, chauffé et rafraîchi par rooftops ; un atelier mécanique et carrosserie chauffé par aérothermes gaz, avec extraction et cabines de peinture ; des bureaux ; un parc extérieur éclairé. Les horaires sont longs, showroom ouvert six jours sur sept et atelier dès le matin. La puissance thermique cumulée dépasse fréquemment 290 kW sur les grands sites et 70 kW sur la plupart des autres.
Réglementaire. Le décret BACS (n° 2020-887, modifié par le décret n° 2023-259) impose un système d’automatisation et de contrôle de classe B au sens de la NF EN ISO 52120-1 : depuis le 1er janvier 2025 pour les sites de plus de 290 kW, au 1er janvier 2030 pour ceux de plus de 70 kW. Le décret tertiaire (n° 2019-771) s’applique dès 1 000 m² de surface tertiaire, avec déclaration OPERAT avant le 30 septembre et objectifs de –40 % en 2030, –50 % en 2040 et –60 % en 2050. Le périmètre de l’atelier fait l’objet de lectures divergentes et mérite d’être tranché avant la première déclaration. Les grands groupes de distribution entrent dans le champ de la CSRD, dont les seuils sont en révision, et du BEGES au-delà de 500 salariés.
Contractuel. Les murs appartiennent souvent à une SCI du groupe, l’exploitation à une société par marque, et les contrats d’énergie sont au nom de l’une ou de l’autre selon l’historique des rachats. Les cahiers des charges constructeurs fixent des exigences d’ambiance et d’éclairage dans le showroom qui bornent les marges de réglage. L’électrification du parc ajoute des bornes de recharge dont la consommation n’a rien à voir avec le bâtiment.
Opérationnel. Les régulations sont locales : thermostats d’aérothermes, régulateurs embarqués dans les rooftops, horloges d’éclairage. Rien n’est centralisé, presque rien n’est historisé. Le déploiement doit se faire sans fermer l’atelier ni le showroom, et se répéter à l’identique sur des dizaines de sites.
Les données primaires attendues
| Donnée | Maille | Usage réglementaire ou contractuel | Obstacle fréquent |
|---|---|---|---|
| Électricité du site (courbe de charge du point de livraison) | 10 min à horaire | Décret tertiaire, BACS (journalisation), CSRD E1, IPMVP | Compteur unique pour showroom, atelier et bornes |
| Gaz (aérothermes, chaudière, cabines de peinture) | Horaire | Décret tertiaire, scope 1 | Titulaire du contrat différent de l’exploitant |
| Puissance thermique installée par site | Inventaire | Seuils BACS (70 et 290 kW) | Aérothermes non recensés, plaques illisibles |
| Températures showroom, atelier, bureaux | 10 min | BACS classe B (zonage), ajustement IPMVP | Aucune sonde d’ambiance en place |
| États de marche (rooftops, aérothermes, extraction) | Événementiel | BACS (détection de dérives), preuve d’exploitation | Régulateurs sans sortie de communication |
| Énergie soutirée par les bornes de recharge | 15 min, par borne | Séparation mobilité / bâtiment dans OPERAT et le bilan carbone | Bornes en aval du compteur général, sans sous-comptage |
| Surfaces par usage (showroom, atelier, bureaux) | Statique, mise à jour à chaque extension | OPERAT, intensité kWh/m² | Plans non tenus à jour |
| Titulaires des contrats et mandats | Statique | Mandat de collecte, consolidation groupe | SCI, exploitant et groupe mélangés |
| Degrés-jours de la station de référence | Journalier | Ajustement IPMVP | Choix de la station non documenté |
Ce que le diagnostic regarde
Le diagnostic classe chaque concession en A (connectable en l’état), B (connectable en partie) ou C (remplacement nécessaire), à partir de six questions.
- Une supervision est-elle en place ? Dans une concession, la réponse est le plus souvent non : chaque équipement se régule seul.
- Des points sont-ils historisés ? Les rooftops récents conservent parfois quelques semaines d’historique dans leur régulateur, rien au-delà.
- Le protocole est-il ouvert ? Les rooftops et centrales de traitement d’air récents exposent du Modbus ; les aérothermes anciens ne communiquent pas et sont relevés par capteurs LoRaWAN.
- Le zonage réel correspond-il au zonage de régulation ? Un showroom et un atelier n’ont pas les mêmes horaires ; il faut vérifier que la régulation les distingue.
- Quels vecteurs et usages sont sous-comptés ? Les bornes de recharge, l’éclairage du parc et l’atelier sont les trois usages à isoler en priorité.
- Qui est titulaire des contrats et des mandats ? La réponse conditionne l’accès aux données de comptage, avant tout travail technique.
Répartition typique : les sites récents équipés de rooftops communicants relèvent de A ; les ateliers chauffés par aérothermes autonomes placent le site en B ; C reste l’exception, réservée aux régulations propriétaires fermées.
Ce que nous avons mesuré
Un groupe de distribution automobile a confié 38 concessions à ESG Efficiency, soit environ 95 000 m² répartis dans 12 régions. Le déploiement a été organisé par vagues de 8 sites tous les 3 mois, avec une GTB en marque blanche raccordée en Modbus aux rooftops et par LoRaWAN aux aérothermes et aux sondes d’ambiance.
Résultats mesurés selon l’IPMVP (Option B) :
- consommation de 215 à 156 kWh/m²/an, soit –27 % ;
- facture énergétique réduite de 1,1 M€ par an ;
- 22 sites de plus de 290 kW mis en conformité avec le décret BACS ;
- retour sur investissement de 3,1 ans, dans le cadre d’un Contrat de Services Énergétiques de 12 ans porté par le fonds SOFIAC.
La donnée produite est restée la propriété du groupe. Elle alimente la déclaration OPERAT de chaque site, le dossier BACS et le reporting du groupe depuis un même référentiel.
Ce que PoP Data ESG apporte
PoP Data ESG relie les équipements existants, collecte les points utiles, rend la donnée opérante (qualification, comblement documenté des lacunes), la restitue par profil et la rend opposable par scellement eIDAS. Pour une concession, cela se traduit par :
- un référentiel unique par site, où la consommation annuelle est séparée par vecteur, sur le bâtiment entier, rapportée à une surface stable, avec les bornes de recharge isolées ;
- une restitution adaptée à chaque lecteur : le directeur de concession suit ses dérives, la direction énergie du groupe compare les sites, la direction financière lit la trajectoire de la facture ;
- l’export OPERAT et les éléments du dossier BACS (journalisation, zonage, détection de dérives) produits depuis la même donnée ; l’attestation réglementaire elle-même relève d’un tiers ;
- un plan de mesure et vérification IPMVP Option B pour chaque site, avec une collecte indépendante de l’IT du groupe.
Nous ne délivrons pas d’attestation de conformité et ne garantissons pas un résultat réglementaire ; nous produisons la donnée qui permet de l’établir.
Pour aller plus loin
- Décret BACS
- Décret tertiaire et plateforme OPERAT
- Certificats d’économies d’énergie
- L’offre PoP Data ESG
- Vos obligations 2030
- Questions fréquentes et contact
Questions fréquentes dans ce secteur
Une concession est-elle soumise au décret BACS ?
Oui dès que la puissance nominale utile cumulée des systèmes de chauffage, de climatisation ou de ventilation dépasse 290 kW (échéance au 1er janvier 2025) ou 70 kW (au 1er janvier 2030, après report). L’inventaire des aérothermes et des rooftops permet de situer chaque site par rapport aux seuils. Nous ne délivrons pas l’attestation réglementaire, nous produisons les données qui la documentent.
Comment séparer la recharge des véhicules de la consommation du bâtiment ?
Par un sous-comptage dédié aux bornes, relevé au pas de 15 minutes et rattaché à chaque point de charge. Sans lui, la recharge gonfle l’intensité énergétique déclarée et fausse la comparaison entre sites. Le sous-comptage est posé lors de la première vague, avant toute lecture des résultats.
Nos sites appartiennent à des SCI différentes, est-ce un problème ?
C’est la configuration la plus courante et c’est une question de mandats, pas de technique. Le diagnostic identifie pour chaque site le titulaire du contrat d’énergie et l’entité qui doit signer le mandat de collecte. La donnée est ensuite consolidée au niveau du groupe sans changer les titulaires.
Faut-il remplacer les aérothermes pour raccorder l’atelier ?
Rarement. Un aérotherme sans communication est relevé par capteurs LoRaWAN (température, état de marche) et piloté par un module de commande. Le remplacement n’est envisagé que si l’équipement est en fin de vie ou si sa régulation est fermée, ce que le diagnostic classe en C.