Fiche réglementaire

Décret BACS — automatisation et contrôle des bâtiments tertiaires

GTB obligatoire dans les bâtiments tertiaires : depuis le 1er janvier 2025 au-delà de 290 kW, au 1er janvier 2030 au-delà de 70 kW après report. Fonctions de classe B.

Mise à jour le 14 septembre 2026 · 9 min de lecture · Rédaction ESG Efficiency, sources officielles citées

Référence :
Décret n° 2020-887 du 20 juillet 2020, modifié par les décrets n° 2023-259 du 7 avril 2023 et n° 2025-1343 du 26 décembre 2025 (art. R.175-1 et s. du CCH)
Périmètre :
Bâtiments tertiaires, neufs ou existants, équipés d’un système de chauffage ou de climatisation, combiné ou non à la ventilation, de puissance nominale utile supérieure à 70 kW
Échéance :
01/01/2025 (> 290 kW) · 01/01/2030 (> 70 kW)
Niveau de vigilance
Critique

L’essentiel

  • Depuis le 1er janvier 2025, tout bâtiment tertiaire dont le système de chauffage ou de climatisation, combiné ou non à la ventilation, dépasse 290 kW de puissance nominale utile doit être équipé d’un système d’automatisation et de contrôle (GTB).
  • Le seuil est abaissé à 70 kW par le décret n° 2023-259 du 7 avril 2023, avec une échéance reportée au 1er janvier 2030 par le décret n° 2025-1343 du 26 décembre 2025. La majorité des sites tertiaires de plus de 3 000 m² est concernée.
  • L’obligation porte sur des fonctions, pas sur un produit : suivi et enregistrement horaires par zone, analyse, détection des dérives, interopérabilité, arrêt manuel. Elles correspondent à la classe B de la norme NF EN ISO 52120-1.

Texte de référence

Le décret n° 2020-887 du 20 juillet 2020 « relatif au système d’automatisation et de contrôle des bâtiments non résidentiels et à la régulation automatique de la chaleur » transpose les articles 14 et 15 de la directive (UE) 2018/844 sur la performance énergétique des bâtiments. Il est codifié aux articles R.175-1 et suivants du code de la construction et de l’habitation (CCH).

Le décret n° 2023-259 du 7 avril 2023 le modifie sur trois points : il ajoute le seuil de 70 kW avec une échéance alors fixée au 1er janvier 2027, il porte à dix ans le temps de retour au-delà duquel une dérogation est possible et il organise l’inspection périodique des systèmes installés .

Le décret n° 2025-1343 du 26 décembre 2025 a ensuite reporté l’échéance du seuil de 70 kW pour les bâtiments existants, du 1er janvier 2027 au 1er janvier 2030 (art. R.175-2, II, 4° du CCH). Le même décret reporte à 2030 deux obligations voisines pour les bâtiments existants : la régulation de la température pièce par pièce ou par zone homogène, et le calorifugeage des réseaux de distribution de chaleur et de froid situés hors volume chauffé ou refroidi.

La directive refondue (UE) 2024/1275 du 24 avril 2024 reprend les mêmes seuils à l’échelle européenne, avec des échéances au 31 décembre 2024 (290 kW) et au 31 décembre 2029 (70 kW). Depuis le report français, l’échéance européenne précède donc l’échéance nationale de quelques semaines.

Périmètre et seuils

CritèreRègle
Usage du bâtimentTertiaire au sens large (bureaux, commerces, enseignement, santé, logistique, hôtellerie), neuf ou existant
Systèmes visésChauffage ou climatisation, combinés ou non à un système de ventilation
Grandeur mesuréePuissance nominale utile du système desservant le bâtiment
Seuil 1> 290 kW, échéance 1er janvier 2025
Seuil 2> 70 kW, échéance 1er janvier 2030 (reportée de 2027 par le décret n° 2025-1343)
Bâtiments neufsObligation dès le dépôt du permis de construire : à compter du 21 juillet 2021 pour > 290 kW et du 8 avril 2024 pour > 70 kW
DérogationTemps de retour brut sur investissement supérieur à dix ans, démontré par une étude conservée par le propriétaire

Le seuil de 70 kW est bas. Une chaufferie gaz de 80 kW pour 1 500 m² de bureaux, deux groupes froids de 40 kW chacun ou une centrale de traitement d’air avec batterie électrique de 75 kW suffisent à déclencher l’obligation. Les sites concernés par le décret tertiaire (surface ≥ 1 000 m²) le sont donc presque toujours aussi par le décret BACS.

Obligations concrètes

L’article R.175-2 du CCH impose que le système d’automatisation et de contrôle soit capable de :

  1. Suivre, enregistrer et analyser en continu, par zone fonctionnelle et à un pas de temps horaire, les données de production et de consommation d’énergie des systèmes techniques, et ajuster ces systèmes en conséquence.
  2. Situer l’efficacité énergétique du bâtiment par rapport à une valeur de référence, détecter les pertes d’efficacité et informer l’exploitant des possibilités d’amélioration.
  3. Être interopérable avec les différents systèmes techniques du bâtiment (chauffage, climatisation, ventilation, eau chaude sanitaire, éclairage selon les cas).
  4. Permettre un arrêt manuel et la gestion autonome d’un ou plusieurs systèmes techniques.

Ces quatre fonctions renvoient à la classe B de la norme NF EN ISO 52120-1 (ex-NF EN 15232-1), qui classe les systèmes de A (haute performance) à D (non performant). La classe B suppose notamment :

Fonction (extrait de la norme)Attendu en classe B
Régulation d’émissionPar pièce ou par zone, avec communication vers la GTB
ProgrammationHoraire et calendaire, par zone
Régulation de la productionEn fonction de la demande (température extérieure, charge)
Suivi des consommationsMesure et enregistrement par usage et par vecteur
Détection des défautsSignalement des dérives et des anomalies de fonctionnement
ReportingIndicateurs restitués à l’exploitant, comparaison à une référence

Le décret ajoute une obligation distincte : lors de l’installation ou du remplacement d’un générateur de chaleur, le bâtiment doit être doté de dispositifs de régulation automatique de la température par pièce ou par zone, lorsque c’est techniquement et économiquement réalisable.

Enfin, l’obligation ne s’arrête pas à l’installation. Une GTB dont les historiques ne sont pas conservés, dont les alarmes ne sont pas traitées ou dont les points ne sont plus raccordés après une intervention ne remplit plus les fonctions 1 et 2. Le dossier à constituer comprend au minimum :

  • la note établissant la puissance nominale utile et l’assujettissement ;
  • le descriptif de la GTB avec la classe atteinte par fonction ;
  • la liste des points mesurés et historisés, avec leur pas de temps ;
  • les journaux horodatés de consommation et de production ;
  • les rapports de détection de dérives et leur traitement ;
  • l’étude de temps de retour, en cas de dérogation.

Échéances

DateObligation
21 juillet 2021Bâtiments neufs > 290 kW (permis déposés à compter de cette date)
8 avril 2024Bâtiments neufs > 70 kW (permis déposés à compter de cette date)
1er janvier 2025Bâtiments existants > 290 kW
1er janvier 2030Bâtiments existants > 70 kW (échéance reportée de 2027)
31 décembre 2029Échéance européenne pour le seuil de 70 kW (directive (UE) 2024/1275)

Le report à 2030 desserre le calendrier, il ne supprime pas l’obligation : un projet de GTB sur un site occupé demande en général trois à six mois entre le diagnostic et la mise en service, hors délais d’approvisionnement, et les sites déjà au-delà de 290 kW sont en infraction depuis le 1er janvier 2025.

Sanctions et risques

Le décret ne crée pas d’amende spécifique. Le régime général du CCH s’applique : contrôle par les agents habilités, mise en demeure du propriétaire ou de l’exploitant, puis sanctions administratives prévues par le code .

Les risques les plus concrets sont indirects :

  • Décret tertiaire : sans suivi horaire par zone, la trajectoire –40 % en 2030 se pilote à l’aveugle et les modulations sont difficiles à justifier.
  • CEE : la fiche BAT-TH-116 ne finance que les GTB de classe A ou B. Une GTB installée hors cadre ou sans preuve de classe perd le financement.
  • Taxonomie européenne : l’activité 7.7 exige, pour les grands bâtiments non résidentiels de plus de 290 kW, une « exploitation efficace par suivi et évaluation de la performance énergétique ». Le décret BACS en est la traduction opérationnelle.
  • Transactions et baux : la conformité BACS entre dans les due diligences immobilières et dans les annexes environnementales.

Données nécessaires

DonnéeMaillePériodePreuve attendue
Puissance nominale utile des générateurs de chaleur et de froidPar système, par bâtimentÉtat actuel, mise à jour à chaque remplacementPlaques signalétiques, dossier des ouvrages exécutés
Consommation d’énergie par vecteur (électricité, gaz, réseau, fioul)Par zone fonctionnelle et par usagePas horaire, historique conservé sans interruptionJournaux GTB horodatés, index compteurs
Production de chaleur et de froidPar générateurPas horaireCompteurs d’énergie thermique, états GTB
Températures de consigne et mesuréesPar zonePas horaireHistoriques GTB
Valeur de référence et écartBâtimentMensuel et annuelRapport d’efficacité, comparaison à une année de base
Alarmes et dérivesPar événementContinuJournal des alarmes et de leur traitement
Temps de retour (si dérogation)BâtimentÉtude datéeNote de calcul, devis

La difficulté n’est pas de produire ces données une fois, mais de les produire sans trou sur des années. Un historique horaire interrompu six semaines pendant une panne de passerelle n’est plus une preuve de suivi continu.

Ce que PoP Data ESG apporte

Nous installons et opérons une supervision agnostique, raccordable aux équipements en place (chaudières, groupes froids, centrales de traitement d’air, compteurs), après un diagnostic A/B/C de chaque poste : connectable en l’état, en partie, ou à remplacer. Les points sont historisés à pas horaire ou plus fin, par zone et par vecteur, puis qualifiés, scellés (cachet et horodatage électroniques qualifiés eIDAS) et conservés dans un référentiel unique.

Le dossier BACS que nous constituons contient la classe atteinte par fonction, la liste des points historisés, les journaux et la preuve de suivi dans le temps. Il est restitué par profil : exploitant, direction immobilière, auditeur. Nous ne délivrons pas d’attestation réglementaire, le décret n’en prévoit pas, et nous ne garantissons pas la conformité à votre place. Nous fournissons la donnée qui permet de la démontrer.

Fiches liées

Sources officielles

Questions fréquentes

Le décret BACS impose-t-il une marque ou un type de GTB ?

Non. Le décret liste des fonctions à assurer, pas un produit. Toute supervision capable de suivre et d’enregistrer les consommations à pas horaire par zone, d’analyser les dérives, d’être interopérable et de permettre un arrêt manuel répond à l’exigence. En pratique, ces fonctions correspondent à la classe B de la norme NF EN ISO 52120-1.

Comment savoir si mon bâtiment dépasse 70 kW ou 290 kW ?

Le seuil s’apprécie sur la puissance nominale utile du système de chauffage ou de climatisation, combiné ou non à la ventilation, qui dessert le bâtiment. Les plaques signalétiques des générateurs et le dossier technique suffisent en général à l’établir. Un bâtiment de bureaux de 3 000 à 5 000 m² dépasse le plus souvent 70 kW.

Existe-t-il une dérogation ?

Oui. L’obligation ne s’applique pas si le temps de retour brut sur investissement de la GTB dépasse dix ans, seuil fixé par le décret de 2023. L’étude qui le démontre doit être conservée et pouvoir être présentée en cas de contrôle.

Une GTB installée avant 2020 suffit-elle ?

Seulement si elle assure effectivement les fonctions exigées, en particulier l’enregistrement horaire par zone et la détection des dérives. Beaucoup de GTB anciennes régulent mais n’historisent pas, ou historisent sans pouvoir restituer. Un diagnostic de l’existant permet de trancher poste par poste.

ESG Efficiency délivre-t-elle une attestation BACS ?

Non. Aucune attestation réglementaire n’est prévue par le décret et nous n’en délivrons pas. Nous documentons le dossier : classe de GTB atteinte, liste des points historisés, journaux horodatés et preuve de suivi dans le temps. Ce dossier est ce qu’un contrôleur, un auditeur ou un acquéreur demande.

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