Fiche réglementaire

VSME — norme volontaire de reporting de durabilité pour les PME

Norme volontaire de l’EFRAG pour les PME non cotées, publiée le 17 décembre 2024 : module basique et module complet, plafond aux demandes de la chaîne de valeur.

Mise à jour le 11 septembre 2026 · 7 min de lecture · Rédaction ESG Efficiency, sources officielles citées

Référence :
Norme VSME de l’EFRAG du 17 décembre 2024 ; recommandation de la Commission européenne du 30 juillet 2025
Périmètre :
Micro, petites et moyennes entreprises non cotées, sollicitées par leurs clients, prêteurs ou investisseurs soumis à la CSRD ou au SFDR
Échéance :
Aucune échéance légale · demandes des donneurs d’ordre dès les exercices 2025-2026 · plafond de la chaîne de valeur proposé par le paquet Omnibus
Niveau de vigilance
Anticipation

L’essentiel

  • La VSME (Voluntary Sustainability Reporting Standard for non-listed SMEs) est la norme de l’EFRAG destinée aux PME non cotées, publiée le 17 décembre 2024 et recommandée par la Commission européenne le 30 juillet 2025.
  • Elle propose deux niveaux : un module basique (onze points d’information, dont l’énergie et les émissions des scopes 1 et 2) et un module complet (neuf points supplémentaires, dont les cibles et le scope 3).
  • Elle sert de format de réponse aux demandes des grands clients, des banques et des investisseurs, et le paquet Omnibus propose d’en faire le plafond de ce qui peut être exigé des entreprises de moins de 1 000 salariés (« value chain cap »).

Texte de référence

La norme VSME a été élaborée par l’EFRAG à la demande de la Commission européenne, hors du processus d’adoption des ESRS, pour offrir aux PME un cadre proportionné. La version finale a été remise à la Commission le 17 décembre 2024. Elle ne fait pas l’objet d’un acte délégué : c’est un standard volontaire.

La recommandation de la Commission du 30 juillet 2025 invite les entreprises non soumises à la CSRD à utiliser la VSME, et les entreprises soumises à la CSRD, les banques et les investisseurs à s’y référer lorsqu’ils sollicitent des données auprès de leurs partenaires .

La proposition de directive « Omnibus I » du 26 février 2025 prévoit que les entreprises soumises à la CSRD ne puissent pas demander à leurs partenaires de moins de 1 000 salariés des informations allant au-delà de la norme volontaire adoptée par la Commission, sauf informations communément partagées dans le secteur. Cette disposition s’applique sous réserve de l’adoption définitive du texte .

Périmètre et seuils

CritèreRègle
Entreprises viséesMicro, petites et moyennes entreprises non cotées au sens de la directive comptable (moins de 250 salariés, moins de 50 M€ de chiffre d’affaires ou moins de 25 M€ de bilan)
UtilisationVolontaire, à l’initiative de l’entreprise ou à la demande d’un partenaire
Utilisation possible par d’autresEntreprises de taille intermédiaire hors champ CSRD, filiales, entreprises hors UE
Module basiqueObligatoire dès lors que l’entreprise déclare appliquer la VSME
Module completOptionnel, en réponse à des demandes plus exigeantes (prêteurs, investisseurs, grands comptes)
Principe« Si applicable » : un point non pertinent est omis avec une mention, sans analyse de matérialité formelle

Le contenu des deux modules :

ModulePointsContenu
BasiqueB1, B2Base de préparation, pratiques et politiques de transition
BasiqueB3Énergie et émissions de gaz à effet de serre (scopes 1 et 2)
BasiqueB4 à B7Pollution, biodiversité, eau, ressources et déchets
BasiqueB8 à B10Effectifs, santé et sécurité, rémunération et formation
BasiqueB11Condamnations et amendes pour corruption
CompletC1, C2Stratégie, modèle d’affaires, pratiques et initiatives
CompletC3Cibles de réduction des émissions et scope 3
CompletC4Risques climatiques
CompletC5 à C7Effectifs complémentaires, politiques et incidents relatifs aux droits humains
CompletC8, C9Revenus de certains secteurs, diversité des organes de gouvernance

Obligations concrètes

La VSME ne crée pas d’obligation légale. Elle définit ce qu’un rapport conforme doit contenir :

Déclarer la base de préparation (B1). Option retenue (basique ou complet), périmètre (entité seule ou consolidé), liste des sites et informations omises pour cause de sensibilité.

Reporter l’énergie et les émissions (B3). Consommation totale d’énergie en MWh, ventilée entre sources renouvelables et non renouvelables ; émissions brutes des scopes 1 et 2 en tonnes équivalent CO₂ (le scope 2 en méthode location-based, market-based en option) ; intensité par rapport au chiffre d’affaires. C’est le point qui mobilise la donnée bâtimentaire.

Reporter le reste du module basique. Eau prélevée, déchets, effectifs, accidents, écart de rémunération, condamnations, chacun « si applicable ».

Aller vers le module complet si un partenaire le demande. Cibles chiffrées avec année de base, actions et calendrier (C3) ; identification des risques climatiques physiques et de transition (C4).

Tenir les preuves. La norme ne prévoit pas de vérification obligatoire, mais le destinataire du rapport (banque, client soumis à la CSRD) peut demander les justificatifs. Une consommation d’énergie doit pouvoir être reliée à des index de compteurs ou à des factures rapprochées.

Échéances

DateJalon
17 décembre 2024Publication de la norme par l’EFRAG
30 juillet 2025Recommandation de la Commission européenne
Exercices 2025 et 2026Premières campagnes de collecte des grands comptes et des banques en format VSME
Exercice 2027Année de mesure pour les rapports CSRD de la vague 2, dont les demandes à la chaîne de valeur
Sous réserve d’adoptionEntrée en vigueur du plafond de la chaîne de valeur (Omnibus I)

Une PME sollicitée en 2028 par un client de la vague 2 devra produire des données 2027. Il est plus simple de mesurer 2027 en continu que de le reconstituer en 2028 à partir de factures.

Sanctions et risques

Aucune sanction n’est attachée à la norme. Les risques sont commerciaux et financiers :

  • perte de référencement chez un donneur d’ordre qui exige des données de durabilité de ses fournisseurs ;
  • conditions de crédit moins favorables lorsque la banque intègre les données ESG dans l’analyse (orientations de l’Autorité bancaire européenne sur la gestion des risques ESG) ;
  • réponses incohérentes à plusieurs questionnaires, faute de référentiel unique ;
  • allégation environnementale fondée sur un rapport VSME approximatif, visée par la directive (UE) 2024/825 dès le 27 septembre 2026.

À l’inverse, un rapport basique bien fondé suffit dans la majorité des cas et évite de répondre à des questionnaires propriétaires plus lourds.

Données nécessaires

DonnéeMaillePériodePreuve attendue
Consommation d’électricitéPar site, part contrôlée par l’entrepriseExercice, mensuel recommandéIndex de compteurs, télérelève, factures rapprochées
Consommation de combustibles (gaz, fioul, bois)Par siteExerciceIndex, livraisons
Chaleur et froid de réseauPar siteExerciceRelevés du réseau
Part renouvelablePar contratExerciceContrats, garanties d’origine, production sur site
Facteurs d’émissionPar vecteurVersion datéeBase Empreinte ADEME
Surfaces et effectifsPar siteStableBaux, registre du personnel
Clé de répartition en cas de charges partagéesPar bâtimentExerciceSous-comptage ou méthode documentée

Le socle est le même que pour les autres reportings : la consommation annuelle de chaque site, séparée par vecteur, rapportée à une surface stable. Une PME multi-sites qui l’a mesurée une fois peut répondre à tous ses donneurs d’ordre avec les mêmes chiffres.

Ce que PoP Data ESG apporte

Pour les PME du tertiaire, nous fournissons les données du point B3 à partir de compteurs et de sous-compteurs raccordés à notre supervision : consommation par vecteur, par site, sur l’exercice, avec la part renouvelable des contrats et le calcul des scopes 1 et 2 à partir des facteurs de la Base Empreinte. Les séries sont qualifiées, historisées et scellées par cachet et horodatage électroniques qualifiés, ce qui permet de répondre à un donneur d’ordre qui demande la preuve.

Lorsque les locaux sont partagés, le sous-comptage remplace les clés de répartition. Les données sont restituées depuis un référentiel unique, au format du module basique ou complet, et réutilisables pour la banque, l’assureur ou un appel d’offres. Nous ne rédigeons pas le rapport VSME et n’en assurons pas la vérification : nous fournissons la donnée mesurée qui le fonde.

Fiches liées

Sources officielles

Questions fréquentes

La VSME est-elle obligatoire ?

Non. C’est une norme volontaire, recommandée par la Commission européenne. Elle devient contraignante de fait lorsqu’un client, une banque ou un investisseur l’adopte comme format de collecte auprès de ses fournisseurs et emprunteurs. Le paquet Omnibus propose d’en faire le plafond de ce qui peut être demandé aux entreprises de moins de 1 000 salariés.

Module basique ou module complet ?

Le module basique (B1 à B11) couvre les informations générales, l’énergie et les émissions des scopes 1 et 2, la pollution, l’eau, les déchets, les effectifs et la conduite des affaires. Le module complet (C1 à C9) ajoute la stratégie, les cibles, les risques climatiques et le scope 3. Une PME répond en général au basique, sauf demande spécifique d’un donneur d’ordre.

Que demande le point B3 sur l’énergie ?

La consommation totale d’énergie en MWh, répartie entre renouvelable et non renouvelable, et les émissions brutes de gaz à effet de serre des scopes 1 et 2 en tonnes équivalent CO₂. Pour une PME du tertiaire, cela revient à la consommation par vecteur de ses locaux, sur une année, multipliée par les facteurs d’émission.

Une PME locataire de ses bureaux doit-elle reporter la consommation du bâtiment ?

Elle reporte la part qu’elle consomme, c’est-à-dire les vecteurs dont elle a le contrôle opérationnel : électricité de ses locaux, chauffage si elle en dispose. Les charges refacturées par le bailleur nécessitent une répartition documentée. Un sous-comptage évite les clés de répartition contestables.

À quoi sert le rapport VSME en dehors des demandes clients ?

À répondre aux banques dans le cadre des prêts, aux assureurs et aux appels d’offres, et à préparer une éventuelle entrée dans le champ de la CSRD. Il structure aussi la communication environnementale de l’entreprise sur des chiffres mesurés, ce qui la protège au regard de la directive sur les allégations environnementales.

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